J’écris des articles que personne ne lit. Et franchement, ça commence à se voir.

Soyons honnêtes deux minutes.
Toi, tu es peut-être arrivé ici parce que Google t’a gentiment envoyé sur cette page.
Ou alors tu as cliqué sur un lien.
Ou, miracle absolu, tu es réellement venu lire un article.
Dans ce dernier cas, je tiens à te féliciter.
Tu fais désormais partie d’une minorité statistiquement négligeable.
Parce que moi, pendant ce temps, je fais des efforts.
Des vrais.
Je passe des heures à écrire des articles sur la géobiologie, les ondes électromagnétiques, l’environnement électromagnétique, l’habitat, les perturbations, les ressentis énergétiques, les soins énergétiques…
Je cherche mes mots.
Je vérifie mes informations.
Je structure mes textes.
Je mets des titres.
Des sous-titres.
Des mots-clés.
Des paragraphes.
Des phrases suffisamment longues pour que Google se dise :
« Tiens, celui-là a l’air de savoir de quoi il parle. »
Je mets même des liens internes.
Et parfois des images.
Bref, je fais tout bien.
Et tu sais combien de personnes lisent tout ça ?
…
Moi.
Je les relis.
Google les scanne.
Et probablement mon hébergeur les stocke avec une certaine tendresse.
Mais toi ?
Tu passes peut-être par là, tu lis le titre, les trois premières lignes…
Et tu repars.
C’est magnifique.
Bienvenue dans le merveilleux monde du référencement naturel

À la base, j’avais une idée assez naïve.
Je me suis dit : « Si je partage mes connaissances, les gens vont les lire. »
Quelle innocence.
C’était avant de découvrir le SEO.
Le SEO, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est cette merveilleuse discipline qui consiste à écrire des textes suffisamment intéressants pour les humains, mais suffisamment structurés pour plaire à une intelligence artificielle qui, elle-même, essaie de déterminer si des humains pourraient éventuellement être intéressés par le texte.
Tu suis ? …Moi non plus.
Mais je continue.
Alors j’écris.
J’essaie d’expliquer pourquoi il peut être intéressant de s’interroger sur son environnement électromagnétique.
Je parle des technologies sans fil, des antennes, du Wi-Fi, du Bluetooth, des smartphones, des objets connectés, des installations électriques, de la qualité de l’environnement dans lequel tu vis et travailles.
Je parle aussi de géobiologie, de l’habitat, du ressenti, des pratiques énergétiques.
Et de toutes ces choses qui, qu’on y adhère ou pas, méritent au minimum d’être regardées avec curiosité plutôt qu’avec un haussement de sourcil automatique.
Et pendant que j’écris tout ça, quelque part, Google me regarde.
Silencieusement.
Imperturbable.
Il analyse mes mots.
Il compte mes occurrences.
Il observe mes titres.
Il évalue mes liens.
Et peut-être qu’un jour… il me donnera une chance.
Alors j’écris pour toi… mais surtout pour Google

Voilà la partie légèrement déprimante.
J’aimerais te dire que j’écris uniquement pour toi. Mais ce serait faux.
J’écris aussi pour Google. Beaucoup. Énormément. Presque avec dévotion.
Parce qu’aujourd’hui, si tu veux être visible sur Internet, il faut nourrir la bête.
Alors je la nourris. Encore. Et encore.
Un article sur les ondes électromagnétiques ? Tiens, Google.
Un autre sur la géobiologie ? Tiens.
Un article sur l’environnement électromagnétique professionnel ? Avec plaisir.
Un dossier sur les effets possibles de l’exposition aux différentes sources de rayonnement ? Servez-vous.
Et si tu pouvais me positionner correctement sur quelques recherches locales pendant que j’y suis, ce serait vraiment formidable.
Merci Google.
Je savais que je pouvais compter sur toi.
Mais le plus drôle, c’est que tu cherches probablement exactement ce que j’écris

Et c’est là que ça devient franchement ironique.
Parce que toi, tu tapes peut-être dans Google : « Comment savoir si mon logement est exposé aux ondes électromagnétiques ? »
Google te propose 18 000 résultats !
Tu cliques.
Tu regardes.
Tu compares.
Tu lis deux paragraphes.
Puis tu retournes sur Google. Tu ouvres un autre site. Puis un autre. Puis une vidéo. Puis un forum. Puis une publication Facebook datant de 2017.
Et finalement, après 47 minutes de recherches, tu te retrouves à regarder une vidéo sur un type qui restaure une vieille tronçonneuse en Alaska.
Et ton problème d’ondes électromagnétiques n’est toujours pas réglé.
Bravo ! Internet est formidable.
Et pendant ce temps, mes articles prennent la poussière

Imagine une bibliothèque. Une immense bibliothèque !!
Des milliers de livres. Et au milieu de cette bibliothèque, il y a mes articles.
Ils sont là. Ils attendent. Silencieusement.
Ils ne réclament rien.
Ils ne demandent pas d’abonnement.
Ils ne t’envoient pas de notification.
Ils ne dansent pas devant ton écran.
Ils attendent simplement que quelqu’un les lise.
Mais personne ne vient.
Enfin… Presque personne.
De temps en temps, quelqu’un arrive. Une personne curieuse. Quelqu’un qui cherche vraiment une réponse.
Quelqu’un qui se pose des questions sur son environnement.
Quelqu’un qui a envie de comprendre.
Et là, soudain, tout cela prend un sens.
Parce qu’un seul lecteur réellement intéressé vaut probablement mieux que 10 000 visiteurs venus par erreur.
Alors pourquoi je continue ?
Parce que je suis probablement un peu têtu.
Et parce que je crois malgré tout que l’information a une utilité.
Je préfère écrire un article de fond plutôt qu’une publication de trois lignes destinée à disparaître dans ton fil d’actualité au bout de 14 minutes.
Je préfère prendre le temps d’expliquer. De donner des éléments. De présenter différentes approches. De remettre certaines idées en perspective.
Et surtout de te permettre de te poser tes propres questions.
Je ne prétends pas avoir réponse à tout.
Et je ne te demande certainement pas de croire aveuglément ce que j’écris.
Au contraire.
Lis.
Compare.
Questionne.
Vérifie.
Et surtout, ne laisse personne — moi compris — penser à ta place.
Alors oui, je continue à écrire des articles que personne ne lit
Parce qu’au fond, ce n’est peut-être pas totalement inutile.
Ces articles contribuent évidemment à mon référencement.
Ils permettent à Google de comprendre ce que je fais.
Ils permettent à quelqu’un qui cherche une information précise de tomber, peut-être un jour, sur mon site.
Et surtout, ils constituent une sorte de bibliothèque.
Une bibliothèque que je construis petit à petit.
Pour aujourd’hui.
Pour demain.
Et pour cette personne qui, un jour, tapera une question dans Google et tombera sur un de mes articles.
Cette personne-là, je l’attends.
Et si c’est toi… ne fais pas semblant de lire. Va jusqu’au bout.
J’ai passé trois heures à l’écrire. 😏
Et si, après ça, tu te dis : « Tiens… finalement, j’aimerais bien en parler avec quelqu’un qui travaille réellement sur ces sujets. »
Alors là… Mes articles auront enfin servi à quelque chose.
Et moi, je pourrai retourner écrire le prochain.
Pour toi.
Pour Google.
Pour le référencement.
Et probablement pour les trois personnes qui le liront.
Dont ma mère.
Enfin, j’espère.
