La fin de la 2G et de la 3G : sommes-nous prêts pour cette nouvelle révolution… ou pour une nouvelle dépendance ?

Pendant plus de trente ans, les réseaux 2G et 3G ont discrètement accompagné notre quotidien. Ils ont permis les premiers SMS, les appels mobiles fiables et les débuts de l’Internet sur téléphone. Ils font aujourd’hui tourner une multitude d’équipements auxquels on ne pense même plus.
Pourtant, leur disparition est désormais programmée.
Et contrairement à ce que beaucoup imaginent, il ne s’agit pas simplement de changer de téléphone.
C’est toute une partie de notre environnement technologique qui devra évoluer.
Un calendrier désormais lancé
Les opérateurs français ont engagé l’extinction progressive de leurs réseaux historiques.
La 2G est en cours d’arrêt en 2026 selon des calendriers propres à chaque opérateur, tandis que la 3G suivra progressivement entre 2028 et 2029. Cette transition s’inscrit dans une modernisation des réseaux au profit de la 4G et de la 5G.
Sur le papier, tout semble logique.
Pourquoi conserver des technologies anciennes lorsqu’elles utilisent des fréquences devenues précieuses ?
Dans la pratique…
…c’est un peu plus compliqué.
Un téléphone ancien ? Ce n’est que la partie visible de l’iceberg
Le premier impact concernera naturellement les utilisateurs possédant encore un téléphone uniquement compatible 2G ou 3G.
À partir de l’arrêt de ces réseaux, ces appareils ne pourront plus passer d’appels, envoyer de SMS ni accéder au réseau mobile concerné.
Mais la véritable surprise se cache ailleurs.
Car la 2G et la 3G sont présentes dans une quantité impressionnante d’équipements invisibles.
Par exemple :
- certains ascenseurs ;
- les systèmes d’appel d’urgence ;
- des téléalarmes destinées aux personnes âgées ;
- des alarmes anti-intrusion ;
- des terminaux de paiement ;
- des systèmes de télésurveillance ;
- certains compteurs communicants de première génération ;
- des automates industriels ;
- des dispositifs de télégestion ;
- des équipements agricoles ;
- des balises GPS.
Autrement dit…
Le téléphone de grand-père n’est pas le seul concerné.
C’est une partie de l’infrastructure française qu’il faudra adapter.
Une facture qui risque d’être salée
Tous ces équipements devront être :
- remplacés ;
- reprogrammés ;
- équipés d’un nouveau modem ;
- ou entièrement renouvelés.
Pour certaines entreprises, collectivités ou copropriétés, la facture pourrait atteindre plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Prenons l’exemple d’un immeuble.
- L’ascenseur.
- L’alarme incendie.
- Le portail.
- Le système de vidéosurveillance.
- Le contrôle d’accès.
- Le télérelevé.
Tous ces équipements peuvent embarquer une carte SIM utilisant encore les anciens réseaux.
À l’échelle nationale, cela représente plusieurs millions d’appareils.
Et donc … plusieurs milliards d’euros de renouvellement.
Le progrès est parfois une excellente nouvelle. Mais il arrive aussi avec une facture.
Plus rapide… mais à quel prix ?
Les opérateurs mettent en avant plusieurs avantages.
- Des réseaux plus performants.
- Une meilleure efficacité énergétique.
- Davantage de capacité.
- Des débits beaucoup plus importants.
Tout cela est exact. Mais il existe également une autre réalité.
Les nouveaux usages nécessitent toujours plus d’antennes, plus de connexions simultanées et davantage d’équipements communicants.
Nous passons progressivement d’un monde où quelques millions de téléphones communiquaient…à un monde où communiqueront aussi :
- les voitures
- les lampadaires
- les poubelles
- les compteurs
- les montres
- les réfrigérateurs
- les robots
- les drones.
Bref…
Si votre grille-pain demande bientôt une mise à jour de son firmware, ne soyez plus surpris.
Et la santé dans tout cela ?
C’est probablement la question qui suscite le plus de débats.
Les autorités sanitaires françaises reconnaissent que certaines personnes déclarent présenter une électrohypersensibilité (EHS), mais les mécanismes de ce syndrome restent débattus et les travaux de recherche se poursuivent. Le temps que cela représente semble être une volonté assumée des autorités, car ne pas vouloir voir, permet aussi de protéger des intérêts industriels.
Plusieurs rapports évoquent qu’environ 5 % de la population (soit environ 3,5 Millions de personnes) pourrait se déclarer concernée par une hypersensibilité aux champs électromagnétiques, tandis qu’une proportion plus importante rapporte ponctuellement des symptômes attribués aux ondes. Cette estimation repose en grande partie sur des déclarations des personnes concernées et l’on sait très bien que beaucoup de personnes ne se manifestent pas pour signaler leurs inconforts, ce qui suggère que ce pourcentage est en réalité bien plus important et tournerait plutôt aux alentours de 20% (13,8 millions de français), même si aucun test diagnostique n’est reconnu.
Pour les personnes concernées, la disparition des réseaux 2G et 3G soulève une interrogation supplémentaire.
Les nouvelles technologies reposent sur des protocoles différents :
- LTE (4G)
- VoLTE
- 5G
- 5G Stand Alone (5G+)
avec davantage d’antennes actives, du beamforming (formation de faisceaux) et une gestion beaucoup plus dynamique des communications (autrement dit l’exposition n’est pas du tout la même qu’avec la 2G ou 3G, considérés comme moins impactantes pour la santé.
Même si ces technologies respectent les limites réglementaires en vigueur, certains utilisateurs s’interrogent sur leurs effets à long terme et souhaitent que les recherches se poursuivent, notamment concernant les expositions chroniques (ou dites « permanantes »).
Le principe de précaution reste, pour beaucoup, un sujet central.
Et demain ?
Bienvenue dans l’univers de la 6G.
Oui…
Alors que la 5G n’est pas encore totalement déployée…la 6G est déjà en préparation.
Les premiers démonstrateurs existent. Les industriels travaillent déjà sur les futures normes.
Les premiers déploiements commerciaux sont généralement envisagés autour de 2030.
Que promet la 6G ?
La liste est impressionnante.
- des débits pouvant dépasser le térabit par seconde ;
- des latences de quelques centaines de microsecondes ;
- l’utilisation de bandes de fréquences encore plus élevées (sub-THz et térahertz pour certains scénarios) ;
- une intégration massive de l’intelligence artificielle dans le fonctionnement du réseau ;
- des communications entre objets autonomes ;
- des jumeaux numériques en temps réel ;
- la réalité augmentée permanente ;
- des hologrammes interactifs ;
- l’Internet tactile.
Dit autrement… Internet ne sera plus seulement partout.
Il sera intégré à quasiment tout. Et moi, en tant qu’expert, je trouve cela inquiétant.
Jusqu’où irons-nous ?
C’est probablement la véritable question.
Chaque génération apporte son lot d’innovations.
Chaque génération apporte aussi de nouveaux usages.
Et chaque génération augmente un peu plus notre dépendance au numérique et notre exposition.
Le débat ne se limite donc pas à la vitesse de téléchargement.
Il touche aussi à notre manière de concevoir le progrès, la sobriété technologique, la cybersécurité, la résilience des infrastructures, les éventuels impacts sur notre environnement et notre hygiène électromagnétique.
Une question qui mérite d’être posée
Il ne s’agit pas d’être technophobe. Les réseaux mobiles ont profondément amélioré notre quotidien.
- Ils sauvent des vies.
- Ils facilitent le travail.
- Ils permettent des services jusqu’alors impossibles.
Mais toute évolution technologique mérite également d’être accompagnée d’une réflexion.
Sommes-nous capables d’évaluer sereinement les bénéfices… sans oublier les questions qu’ils soulèvent en terme de santé publique et d’impact environnemental ?
Car pendant que nous discutons encore de la 5G… Les laboratoires, eux, travaillent déjà sur la 6G. Et si l’histoire récente nous apprend une chose, c’est que le progrès technologique avance toujours plus vite que notre capacité collective à en débattre, comme un rouleau compresseur.
Une petite touche d’ironie pour conclure…
Rassure-toi. Si ton vieux téléphone à touches cesse de fonctionner, ce n’est pas parce qu’il est cassé.
C’est simplement qu’il est devenu… trop calme pour notre époque.
Demain, ton smartphone téléchargera un film en quelques secondes, ta voiture discutera avec les feux rouges, ton réfrigérateur commandera le lait avant même que tu t’aperçoives qu’il n’y en a plus… et ton grille-pain t’enverra peut-être une notification pour te signaler que ta tartine est prête. Quand on est déjà accros aux notifications, c’est chouette. Mais quand on souhaite préserver un minimum son capital ondes, c’est moche.
Finalement, la vraie question n’est peut-être pas de savoir si nous sommes prêts pour la 6G.
Elle est de savoir si nous sommes encore capables de vivre… quelques minutes sans réseau.
